" Peaux de bateaux" A frotter la mer, les membrures craquent, les bordés souffrent. Faut de la peinture pour protéger la coque. Et les couleurs s'accumulent au fil des marées, bleu sur jaune et rouge sur vert, en palimpsestes osés. L'histoire d'un bateau se lit dans les écailles riches de couleurs, fruits de ces mues saisonnières où, comme les fleurs livres leurs pétales, les coques se desquament, révélant d'étonnantes géographies sous-marines, des portulans anciens, des voûtes célestes criblées d'étoiles. Daniel Le Saux sait déchiffrer ces carnets de bords de voyages au long cours. Il nous restitue en clair dans ses arrangements subtils et humoristiques, où les écailles de peintures multiples accumulées, riches d'histoires, rendent compte des voiles, des containers, des structures portuaires . Ou même de la distribution des étoiles dans le ciel.

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